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Le site Time.com propose une gallerie de photos qui n'ont jamais été publiées, de très belles photos, qui rendent bien l'atmosphère de cette époque. Le clan Kennedy a toujours exercé une certaine fascination sur moi. Bobby a été assassiné le 5 juin 1968. Un film superbe que je conseille! de Emilio Estevez (Bobby) retrace la dernière journée de la vie de R. F. Kennedy telle qu'elle a été vécue par les témoins de son assassinat à l'Hôtel Ambassador à Los Angeles.
Quelques photos :



Ici avec son épouse et ses 6 enfants


Dans les cuisines de l'hôtel où il va peu après trouver la mort.
R. F. a aussi prononcé un discours que je trouve superbe, j'ignore quand et à quelle occasion il a été prononcé, il sert de final au film dont je parle ci-dessus, j'en ai pris note à cette occasion :
Ce n'est pas un jour pour la politique. J'ai réservé cette unique occasion, mon seul événement de la journée pour vous parler brièvement de la menace aveugle que fait planer la violence en ce pays, violence qui à nouveau souille notre terre et chacune de nos vies. Elle n'est pas spécifique à une race, les victimes de la violence sont blanches et noires, riches et pauvres, jeunes et vieilles, célèbres et inconnues. Ces victimes sont avant tout des être humains que d'autres êtres humains aiment et dont ils avaient besoin. Personne, où qu'il vive et quoi qu'il fasse, ne peut dire à coup sûr qu'il ne souffrira pas demain d'un absurde bain de sang. Et pourtant ça continue, encore et toujours, dans ce pays qui est le nôtre. Pourquoi ? La violence a-t-elle jamais accompli quoi que ce soit ? Qu'a-t-elle jamais créé ? Chaque fois qu'une vie américaine est anéantie sans raison par une autre vie américaine, que ce soit au nom de loi, ou au mépris de la loi, par un homme seul ou par un groupe, de sang-froid ou dans la passion, dans une crise de violence ou en réponse à la violence, chaque fois que nous déchirons le tissu de nos vies, qu'un autre être humain s'était péniblement et maladroitement tissé pour lui et ses enfants, chaque fois que nous posons ce geste, c'est toute la nation qui en est avilie. Pourtant nous semblons tolérer un niveau de violence à la hausse, qui fait fi de notre humanité commune, comme de nos prétentions à la civilisation. Trop souvent, nous honorons les plastronnades, les fanfaronnades, et les apôtres de la force. Trop souvent nous excusons ceux qui décident de bâtir leurs vies sur les rêves brisés d'autres être humains. Mais ceci, au moins, est clair : la violence engendre la violence, la répression engendre les représailles, et seul un assainissement de notre société pourra débarrasser nos âmes de ce mal. Car quand nous inculquons à un homme la crainte et la haine de son frère, quand nous lui faisons croire qu'il est inférieur à cause de sa couleur, ou de ses croyances, ou des politiques qu'il poursuit, quand nous enseignons que ceux qui diffèrent de nous menacent notre liberté ou notre travail ou notre foyer ou notre famille, nous apprenons en même temps à voir les autres, non comme des concitoyens amis mais comme des ennemis, et à être approchés, non dans la coopération, mais dans la conquête. Nous apprenons à être assujettis et à être dominés. Nous apprenons, enfin, à voir en nos frères des étrangers, avec qui nous partageons une cité, mais non une communauté, des gens liés à nous par le même toit, mais non par l'effort commun. Nous n'apprenons à partager qu'une peur commune, qu'un désir commun de nous isoler les uns des autres et qu'une pulsion commune de régler le désaccord par la force. Nos vies sur cette planète sont trop courtes et le travail à accomplir est trop lourd pour laisser cet état d'esprit se répandre plus longtemps sur cette terre qui est la nôtre. Nous ne pouvons, bien sûr, l'éliminer avec un programme ou une résolution mais nous pouvons peut-être nous rappeler, ne fût-ce qu'un moment, que ceux qui vivent avec nous sont nos frères, que ceux qui vivent avec nous le même court instant de vie, n'aspirent comme nous à rien d'autre que la chance de vivre leurs vies avec un but et dans le bonheur, en retirant toute la satisfaction et l'épanouissement qu'ils pourront. A coup sûr, ce lien d'un destin commun, ce lien de buts communs peut commencer à nous enseigner quelque chose. A coup sûr, nous pouvons au moins apprendre à voir autour de nous nos camarades, nos semblables, et, à coup sûr, nous pouvons commencer à travailler un peu plus fort à panser nos blessures communes, pour redevenir dans nos coeurs des concitoyens et des frères.
Fin








